Translation: Jours d’Insurrection. Une Pussy Riot témoigne

J’ai eu l’honneur de traduire de l’anglais le livre de Maria Alekhina, membre du groupe punk féministe Pussy Riot, qui retrace l’histoire de leur performance à Moscou et les deux années de procès, de prison et de camp qui ont suivi : Jours d’Insurrection. Une Pussy Riot témoigne, aux éditions du Seuil.

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En mars 2012, à la suite d’un concert anti-Poutine à la cathédrale du Christ Saint-Sauveur à Moscou, aux cris de « Marie mère de Dieu – chasse Poutine ! », trois jeunes femmes du collectif artistique Pussy Riot sont placées en détention provisoire. Leur procès est une mascarade déguisant la contestation politique en blasphème et les condamne à deux ans d’emprisonnement en camp de travail. Le 19 décembre 2013, sous pression internationale, Vladimir Poutine annonce la libération prochaine des membres du groupe. Maria Alekhina devient l’un des symboles de l’opposition aux dérives de la présidence Poutine, ses lettres de prison sont partagées avec ferveur.

Mémoires iconoclastes mêlant collage de conversations, de textes et de chansons, du verbatim du procès à des notes prises en prison, Jours d’insurrection est un cri d’engagement qui croise, à l’instar du mouvement russe, l’artistique et le politique. Au-delà du récit, Maria Alekhina détaille les leçons à tirer pour nous citoyens du monde de ce recul des idéaux démocratiques et lance un appel à la protestation comme forme d’éthique du temps présent.

Elle développe un appel à l’action et à la révolution et vient énumérer les outils conceptuels et techniques que nous avons à notre disposition pour résister. Dès lors, l’histoire édifiante de Maria Alekhina prend l’allure d’un manifeste : en lanceur d’alertes, elle en appelle à la vigilance et à l’action à travers un témoignage vibrant et nécessaire, ode à la liberté et à la démocratie : « La liberté n’existe pas tant que vous ne vous battez pour la préserver chaque jour. »

Maria Alekhina est une artiste conceptuelle russe et militante politique. Elle est récipiendaire du Lennon Ono Grant for Peace et a également reçu le prix Hannah Arendt.

Traduit de l’anglais par Mathilde Ramadier